MICI : maladie de Crohn et RCH
L'alimentation ne guérit pas une MICI et ne remplace jamais le traitement prescrit. Elle joue en revanche un rôle réel sur le confort digestif, l'état nutritionnel et la qualité de vie, à condition d'être adaptée à la phase de la maladie.
Gabriela Ferent — Diététicienne diplômée · Affiliée à la CNS

Alimentation mieux tolérée, sans restriction inutile prolongée
Réintroduction progressive et diversification
Deux phases, deux stratégies
En poussée, l'objectif est de limiter l'inconfort et de préserver les apports : textures adaptées, fractionnement des repas, attention particulière aux protéines et à l'hydratation. En rémission, l'objectif s'inverse : rouvrir l'alimentation, réintroduire les fibres progressivement et éviter les restrictions installées par habitude ou par peur.
La dénutrition et les carences sont fréquentes dans les MICI. Leur dépistage et leur traitement relèvent de votre médecin ; le suivi diététique aide à les prévenir au quotidien.
- Adaptation des fibres selon la phase et la tolérance individuelle
- Maintien d'un apport énergétique et protéique suffisant
- Journal alimentaire ciblé pour distinguer déclencheurs réels et évitements par peur
- Coordination avec le gastro-entérologue pour les bilans et le traitement
Ce qui est évalué en première consultation
Le premier rendez-vous fait le point sur la phase actuelle (poussée ou rémission), les symptômes digestifs, les aliments déjà évités et leur raison, le poids et son évolution, ainsi que les analyses et traitements en cours transmis par votre gastro-entérologue.
- Historique des poussées et tolérance alimentaire réelle
- Apports énergétiques et protéiques sur une semaine type
- Retentissement sur les repas au travail, en famille et en voyage
Coordination médicale et limites
Le suivi diététique s’inscrit en complément du traitement prescrit par votre gastro-entérologue, jamais à sa place. Toute aggravation des douleurs, rectorragie, fièvre ou perte de poids rapide justifie un avis médical sans attendre la prochaine consultation diététique.
- Compte-rendu transmis au médecin sur demande
- Aucune supplémentation prescrite ni vendue au cabinet
Ce schéma décrit le protocole FODMAP, un outil réservé au syndrome de l’intestin irritable et à certains inconforts digestifs fonctionnels, toujours encadré par un diététicien. Il ne s’applique ni aux allergies alimentaires ni à la maladie cœliaque, et ne remplace pas un avis médical.
Ce qui relève de votre médecin
Le diagnostic, les examens et le traitement médicamenteux relèvent de votre médecin. L'accompagnement diététique s'y adapte et, avec votre accord, un compte-rendu lui est transmis.
En poussée
- Textures molles ou mixées, cuissons douces (vapeur, mijoté)
- Repas fractionnés, en plus petites quantités
- Réduction temporaire des fibres irritantes et des crudités
- Attention prioritaire aux protéines et à l'hydratation
En rémission
- Réintroduction progressive des fibres, aliment par aliment
- Diversification alimentaire pour restaurer un microbiote varié
- Levée des évitements installés par peur plutôt que par intolérance réelle
- Retour vers une alimentation aussi ouverte que possible
Signaux d'alerte à surveiller
- Perte de poids rapide ou non intentionnelle
- Douleurs abdominales intenses, fièvre, sang dans les selles
- Diarrhées persistantes ou déshydratation
- Ces signes relèvent d'un avis médical rapide, pas d'un ajustement alimentaire seul
Questions fréquentes sur les MICI (Crohn, RCH)
Non. Aucun régime ne permet à lui seul d'obtenir ou de maintenir une rémission. Les adaptations alimentaires visent le confort, l'état nutritionnel et la tolérance, en complément du traitement médical.
Non. Une réduction temporaire peut être utile en poussée, mais une éviction prolongée appauvrit le microbiote et l'alimentation. La réintroduction se fait progressivement en rémission.
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